Diese Ausgabe ist für Browser ohne zureichende CSS-Unterstützung gedacht und richtet sich vor allem an Sehbehinderte. Alle Inhalte sind auch mit älteren Browsern voll nutzbar. Für eine grafisch ansprechendere Ansicht verwenden Sie aber bitte einen moder
Beginn Inhaltsbereich
Monsieur le Président,
Monsieur le Président du Conseil national.
Monsieur le Président du Conseil d’Etat,
Monsieur le Président du Grand Conseil,
Mesdames et Messieurs les membres des autorités fédérales, cantonales et communales
Messieurs les Vieux-Grenadiers,
Mesdames et Messieurs les invités,
J’aimerais vous remercier de votre très aimable invitation. Elle me permet de terminer une semaine « historique » puisque mercredi j’étais dans le canton de Lucerne, à Sempach, sur le champ de bataille historique. Ce qui, quand on est comme moi accompagné d'une femme d'origine autrichienne, représente un vrai défi ! Et je termine cette semaine en commémorant une autre bataille ici à Genève, celle de l’Escalade.
Mais je dois dire que c’est un peu une gageure pour le ministre en charge, entre autres tâches puisqu’il y en a de nombreuses au sein du Département fédéral de l’intérieur, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de venir auprès des Vieux-Grenadiers. C’est qu’on n’y trouve pas de Grenadières – et d’autant moins que les femmes, c’est bien connu, sont éternellement jeunes !
Je me réjouis pourtant de pouvoir quand même pouvoir vous saluer « Mesdames et Messieurs » puisque nous sommes en présence de cinq femmes aujourd’hui. En fait c’est plus qu’au Conseil fédéral ! Bon il est vrai que par contre il y a aujourd’hui un peu plus d’hommes ici qu’au sein du Conseil fédéral actuel.
J’ai même entendu dire que ce soir, Genève recevait en ses murs, pour fêter l’Escalade, pas moins de deux présidentes de la Confédération, la sortante et l’entrante ! Deux présidentes, ça doit être une première !
Mais au fond, quand on relit l’histoire de l’Escalade, on voit que les femmes, si elles ne portaient pas de grenade, ont joué un rôle qui ne fut pas mince dans la victoire des Genevois contre « une aussi injuste cause ». La population de la vaillante République de Genève se plait même a porter haut la mémoire de l’héroïne de ces commémorations : la Mère Royaume. Une mère de famille en charge de pas moins de 14 enfants ! Et une mère qui semble être devenue - symboliquement - celle de toutes les citoyennes et de tous les citoyens de Genève. Joli clin d’œil de l’histoire : Royaume qui devient symbole de la République !
Eh puis nous devons penser également à Dame Piaget qui a elle aussi joué un rôle-clé en jetant du haut de sa fenêtre une clé justement, celle de la porte de l’allée traversière qui a permis aux défenseurs de la cité d’éviter de se faire massacrer !
Le ministre fédéral de l’égalité constate donc avec plaisir que les dames ont joué un rôle tout aussi vaillant que les hommes, même si elles n’étaient pas « Grenadières » et qu’elles ont contribué – et contribuent toujours d’ailleurs – au maintien de la République et au développement d’un âge d’or genevois.
Des dames symbolisent d’ailleurs l’alliance Confédérale puisque là-bas dans le Jardin anglais, vous avez dressé le monument national qui marque l’entrée de Genève dans la Confédération et qu’on a symbolisé par deux sœurs qui se serrent l’une contre l’autre fièrement : Genève et Helvetia.
Mesdames, Messieurs,
C’est un honneur et un plaisir pour un citoyen de la « République et canton » de Neuchâtel de participer à cette fête nationale de la « République et canton de Genève », des cantons qui, avec la « République et Canton du Valais » la patrie du président du Conseil national, notre cher ami, Jean-René Germanier, sont entrées en même temps au sein de la Confédération suisse en 1814, il y a donc près de 200 ans.
Je me réjouis de revenir dans votre République où il fait bon vivre. Les classements internationaux le confirment qui placent Genève et Zurich parmi les endroits ayant la meilleure qualité de vie au monde. Et je peux en témoigner moi-même puisque j’ai travaillé ici durant quelques années : j’étais alors collègue avec votre actuelle conseillère nationale Martine Brunschwig Graf, présente aujourd’hui.
Et je me réjouis d’être ici, accompagné de mon épouse. Nous avons déjà eu l’occasion d’entendre et d’admirer les Vieux-Grenadiers récemment. C’était lors de l’inauguration du Salon du livre. Et il faut le reconnaître : les salves des Vieux-Grenadiers sont impressionnantes et imposent le respect. Si votre présence apporte beaucoup de panache aux manifestations genevoises, les grognements, vrombissements, décharges, coups de tonnerre, crépissements et roulements de tambours qui vous accompagnent sont, je dois le dire, également une arme redoutable, celle d’une République « qui en impose ».
Vous connaissez peut-être ma passion pour le football. Alors j’ose cette suggestion : Pourquoi n’enverriez-vous pas votre Compagnie soutenir de manière officielle – c’est-à-dire avec tirs de salves et roulements de tambours – le Genève Servette ?
Mais oui : prenez les All Blacks : ils dansent leur fameux haka avant les matches de rugby et ce chant guerrier est redouté par l’adversaire. Cela vaudrait la peine de voir si la « méthode Vieux-Grenadiers » impressionne le FC Bâle et les autres, lors de la prochaine rencontre du Servette. Ce sera surtout utile lorsque Servette (les All Grenat) aura réussi son escalade à elle : l’escalade en super league. Et là ce n’est pas contre les Savoyards qu’il faut se battre – ces Savoyards qui d’ailleurs ironie de l’histoire auraient bien aimé jouer en championnat de France au stade de Genève ! Non, pour monter en super league c’est contre soi-même qu’il faut se battre en football et c’est ensemble, pour l’équipe – comme le Servette HC sait bien le faire.
Mais j’ajoute un vœu : n’utilisez pas la méthode « All Grenat » lors des matches contre le FC Neuchâtel Xamax, qui débute en ce moment sa rencontre, cher Jean-René Germanier, contre le FC Sion à la Maladière.
Mesdames et Messieurs,
Trève de plaisanterie : ensemble nous célébrons aujourd’hui des valeurs fortes, des valeurs que les Vieux-Grenadiers portent fièrement comme devise: PATRIE-FAMILLE-AMITIE.
C’est un plaisir tout particulier de vous apporter le message du Conseil fédéral. Car cette rencontre est l’occasion de montrer que Genève, contrairement à ce que l’on entend souvent, est proche de Berne, plus proche que l’on croit.
Votre République, avec ses valeurs, son esprit, son histoire, son ouverture et son rayonnement, apporte beaucoup à la Suisse. Notre pays s’est formé au cours des siècles, il repose et il est cimenté par la volonté de vivre ensemble. Une Nation forte de ses diversités. Dans ce contexte la contribution de Genève est essentielle et j’aimerais vous en remercier au nom du Gouvernement fédéral.
Il y a de l’émotion aussi dans la rencontre de ce jour, parce que vous célébrez, dans la joie et l’amitié, des valeurs fortes, anciennes, presque intemporelles. Des valeurs pour lesquelles le citoyen est prêt à se dépasser, des valeurs qui donnent un sens au vivre ensemble. Mais aussi qui subliment la solitude, ou plutôt la condition humaine, la destinée de l’individu.
Patriotique votre société se veut gardienne des principes démocratiques qui offrent aux citoyens les libertés essentielles à une vie en communauté et la tolérance indispensable aux échanges humains. Patriotisme, démocratie, liberté, communauté, tolérance, échanges, que de principes et de valeurs fortes et indispensables qui structurent une société comme la nôtre et lui donnent un sens.
Des valeurs qu’il nous faut porter et faire vivre au quotidien. Cette commémoration de l’Escalade nous le rappelle. « Face aux grands périls, le salut n’est que dans la grandeur » disait de Gaulle. Et j’ajouterais que la grandeur repose sur des valeurs. C’est celles-ci que les citoyens et citoyennes de Genève ont défendues lors de l’Escalade qu’importe qu’ils ou elles aient utilisé pour ce faire des Grenades ou une soupe aux légumes ! Et ce sont ces valeurs que vous perpétuez à travers l’activité des Vieux-Grenadiers et à travers le bris symbolique de la marmite.
Mesdames, Messieurs,
Ces valeurs, on les retrouve dans l’action de quelques personnes bien connues ici. Je ne peux pas m’empêcher ici sur les terres de James Fazy, Adrien Lachenal, Georges Favon, Carl Vogt de rappeler que ces valeurs – des valeurs libérales-radicales – ont permis la création de la Suisse moderne en 1848. Une célébration comme celle d’aujourd’hui est aussi l’occasion de rappeler cette construction et le sens de notre volonté de construire ensemble notre pays. Cette volonté qui repose sur la liberté, la responsabilité et la démocratie.
Mais j’aimerais encore y ajouter une valeur, une valeur qui a fait la Suisse : la confiance. La confiance dans nos institutions, la confiance entre les autorités, la confiance de la population envers ses autorités, la confiance entre les partenaires sociaux, la confiance entre la politique l’économie.
Cette confiance a représenté depuis plus de 150 ans une des grandes forces de la Suisse. Je souhaite que la Suisse retrouve cette force de la confiance, cette volonté de gouverner et de travailler ensemble - de se battre ensemble - au-delà des oppositions idéologiques, des partis et des clans, de travailler ensemble pour moderniser le pays, le préparer à affronter sereinement l’avenir.
L’hymne genevois que nous venons d’entendre, Cé qu’é l’ainô, – celui qui est en-haut, le maître des batailles - est aussi un symbole de toutes ces valeurs, puisqu’il est un signe d’attachement à la patrie, à votre République; à la victoire également.
Chers Amis,
J’ai encore des souvenirs nets de mon séjour genevois : je sais qu’habituellement ce sont le Doyen et le Benjamin de la salle qui cassent la marmite. Apparemment aujourd’hui c’est un peu différent : si Jean-René est bien président de l’Assemblée fédérale - et j’aimerais le féliciter pour cette très belle élection toute récente ! – il n’est par contre clairement pas le Doyen du Parlement. Et pour ma part si j’ai bien été pendant quelques mois le Benjamin du Conseil fédéral… ça n’a pas duré très longtemps, je me dis même que si les changements continuent à ce rythme… je vais même bientôt me retrouver dans le rôle du Doyen !
Il y a un mois, dans la salle du Conseil fédéral, j’ai en tous cas « avancé » de deux pupitres d’un coup… Si j’avais progressé « d’un cran » je me serais retrouvé tout à fait de l’autre côté de la salle, à l’ancien pupitre d’Ueli Maurer. Mais comme nous avons deux nouveaux collègues, c’est Mme Sommaruga qui occupera ce fauteuil et me voici en fait à côté de mon pupitre précédent, donc à côté de ce « benjamin » du Conseil qu’est Johann Schneider-Ammann… qui a d’ailleurs l’air de tout sauf d’un benjamin ! Les voies et surtout la « géographie du pouvoir » sont presque impénétrables, en tous les cas très complexes.
Mais pour en revenir à mon message de ce jour: puisse ce bris de la marmite apporter succès et volonté au canton de Genève et à la Suisse entière en cette période de début des fêtes de fin d’année.
J’ai le plaisir de vous présenter tous les vœux du Conseil fédéral, des vœux de réussite et de longue vie à la République et canton de Genève, à ses « vieux Grenadiers » et les vœux que vous continuiez longtemps à propager et à défendre ces vraies valeurs de la patrie, de la famille et de l’amitié, que nous partageons aujourd’hui.
Comme le chantent les enfants dans vos rues, je vous dis « belle Escalade », je vous souhaite à vous et à vos familles de joyeuses fêtes de fin d’année et je vous remercie de votre attention!