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Biennale de Venise - Vernissage de la contribution de Thomas Hirschhorn

Venice, 03.06.2011 - Allocution du Conseiller fédéral Didier Burkhalter - Seule la version orale fait foi.

Egregio Signor Hirschhorn,
Stimati membri della
Commissione federale d’arte,
Gentili Signore, Egregi Signori,


sono lieto di essere a Venezia oggi in occasione della 54esimaBiennale. Dopo aver avuto l’onore di aprire al pubblico l’esposizione di Andrea Thal questa mattina al Teatro Fondamenta Nuove, è ora un grande piacere per me inaugurare con voi l’esposizione «Crystal of Resistance» di Thomas Hirschhorn nel padiglione svizzero.

Monsieur Hirschhorn, je suis heureux de faire votre connaissance aujourd’hui. Je sais que vous êtes un artiste passionné et remuant ; que vous parvenez à créer des installations à la fois exubérantes et rudimentaires, qui fascinent le spectateur.

A Venise, les visiteurs découvriront d'abord un homme soucieux de vérité, cherchant à donner une forme qui puisse créer les conditions de penser quelque chose de nouveau, d’inattendu.

Vous vous êtes souvenu d'un éblouissement ancien, comme nous en avons tous, enfouis dans nos souvenirs: pour vous, il s’agissait de cristaux étalés sur un bout de carton, vendus par des enfants qui les avaient probablement trouvés du côté du col de la Furka. 
De cette image que vous qualifiez vous-même de «simple, merveilleuse et universelle» a surgi, bien des années plus tard, l'œuvre réalisée pour le pavillon suisse de la Biennale. Le motif du cristal, vous l’avez choisi pour sa beauté, sa rigueur et son ouverture. Tout ce qui rendra possible l'acte de penser ; et qui fait penser à notre pays, à la Suisse…

Meine Damen und Herren,

Was fasziniert am Œuvre von Thomas Hirschhorn? Vielleicht das Ringen mit dem Wissen, dass Provokation als Medium der Kunst heute an ihre Grenzen stösst. Vor allem aber ist es die Möglichkeit, ihm bei der allmählichen Verfestigung seiner Gedanken zuschauen zu können.

Er kompiliert vor unseren Augen sein Weltbild – und zeigt uns dabei, wie wir das unsere ebenfalls zusammensetzen aus Versatzstücken, deren Herkunft uns oft gar nicht bewusst ist. Ein Prozess, der häufig nicht halb so rational oder auch nur so übersichtlich ist, wie wir das gerne hätten. Das scheint mir der tiefere Sinn zu sein, welcher der Assoziationswut des Werks zugrunde liegt.

Schliesslich zeigt sein Werk auch, dass was immer auf der Welt geschieht einen Einfluss auf unser aller Leben hat.

Die globale Informationsflut reisst uns alle mit. Wir sind gefordert und überfordert. Wir wissen alles und fühlen uns doch häufig ohnmächtig. So gesehen, steht das von Politik durchdrungene Hirschhorn’sche Werk paradigmatisch für eine Gegenwart, in der das Ende der Geschichte längst von deren Wiederbeginn abgelöst worden ist.


Mesdames et Messieurs

A propos d’histoire et d’éternel recommencement, la Suisse s’engage expressément et depuis longtemps pour la liberté d’expression et la liberté de l’art. Elle a été terre d’accueil pour des artistes en temps de guerre, elle a souvent permis d’exprimer sur son sol ce qui ne pouvait pas être dit ailleurs.

Cette liberté est inscrite autant dans nos gènes que dans notre Constitution, comme l’une de nos plus grandes valeurs, l’une de nos plus grandes fiertés. Garantir cette liberté, c’est un engagement, mais aussi une belle motivation – une raison d’être – pour un Etat, pour une communauté de destin.

La liberté d’opinion, et la liberté de l’art, qui en est un élément indissociable, constitue la pierre angulaire de toute démocratie. On attribue à Voltaire la fameuse citation : «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire». Cette phrase et surtout cette idée sont essentielles, belles et profondément démocratiques.

Mais la liberté de l’art et de l’artiste, de chercher et de créer, d’être curieux tout simplement, ne va pas de soi dans le monde d’aujourd‘hui. Cette liberté se perd bien trop souvent sur la route rocailleuse et aride de l’humanité. La liberté d’expression et la liberté de la culture ne sont pas des acquis. Il faut sans cesse les conquérir de haute lutte – c’est, au fond, ce qui relie l’artiste et le politique, dans une vision librement partagée.

Mesdames et Messieurs

La Confédération suisse encourage la création artistique depuis plus d'un siècle avec constance et de plusieurs manières. Son apport est subsidiaire de celui des cantons et des villes qui jouent - et c’est bien ainsi - le rôle premier de soutenir et favoriser la diffusion et
l’accès à la culture.

Le soutien fédéral va en premier lieu aux artistes jeunes, aux expressions émergentes, aux œuvres particulières. Le soutien de la Confédération s'exprime aussi par des prix fédéraux par lesquels elle reconnaît des carrières artistiques importantes et significatives.

Elle s'emploie à diffuser les œuvres d'artistes suisses dans les expositions et biennales à travers le monde, comme ici, dans cette « mère de toutes les biennales » à Venise. Par le biais de la fondation Pro Helvetia, elle contribue à la réalisations de projets artistiques, à la mise sur pied d'expositions, à la publication de livres.

Grâce à l'effort conjoint et complémentaire des trois niveaux de l’Etat fédéral, il y a une bonne place réservée aux artistes en Suisse. Et à en juger par leur nombre, leur dynamisme, la diversité de leurs expressions et leur forte présence sur la scène internationale, on peut être fier de cette vitalité, sans commune mesure avec les dimensions du pays. Une vitalité qui se constate ici même, à Venise, où les sujets de fierté abondent.

A commencer par la présence de Bice Curiger, historienne de l'art, critique et curatrice zurichoise, à la tête de cette belle édition de la Biennale qui expose les œuvres de plusieurs de nos concitoyens.

Et en continuant avec ce « cristal de résistance » ainsi qu’avec la deuxième contribution officielle de la Suisse à cette manifestation: l'exposition « multimédiatique » de la curatrice Andrea Thal à l’intérieur et autour du Teatro Fondamenta Nuove à Cannaregio.

Au nom du Conseil fédéral, j’aimerais remercier et féliciter tous ceux qui ont porté ces projets, les membres de la Commission fédérale d’art, les services de l’Office fédéral de la culture qui ont organisé les contributions officielles de la Suisse à la Biennale de Venise et tout ceux qui ont contribué à la réalisation et à l’installation de ces projets artistiques.

Dès la prochaine édition, c’est Pro Helvetia qui prendra le relais et qui sera chargée des contributions suisses à la Biennale. Je suis certain que la fondation continuera avec engagement à présenter ici des créations suisses et à rendre ainsi l’hommage de notre pays aux Beaux-Arts ; et à Venise !

Merci de votre attention et excellente soirée.

Auteur:

Secrétariat général DFI
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