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Fribourgissima

Fribourg, 21.06.2012 - Allocution du Conseiller fédéral Alain Berset - Seules les paroles prononcées font foi.

Mesdames, Messieurs,

La Suisse est un pays dont les équilibres représentent un enjeu politique crucial. La nature même du pays - une Confédération multiculturelle - impose un équilibre des agrégats régionaux qui ne sont pas seulement linguistiques. Le système politique à tous les niveaux (fédéral, cantonal et communal) - mis en place par les citoyennes et les citoyens - repose sur un équilibre des forces, que certains jugent d'ailleurs cruellement dynamique. Ces équilibres particuliers concourent à faire de la Suisse un espace de sécurité sociale et économique.

Ces équilibres sont notre force et notre attractivité. J'y suis particulièrement attaché. Je vais même plus loin. La démocratie directe fait de la Suisse un pays de tractations perpétuelles, de solutions négociées, concertées. La quête du consensus fait partie de notre identité. Je pense que c'est là l'esprit de la Suisse et le gage de la stabilité sociale et politique. Il est le moteur de notre prospérité.

Notre développement économique, peu usuel en regard de nos ressources naturelles et de la taille de notre marché intérieur, tient justement à notre capacité d'innovation. A prononcer ce mot, on pense en général immédiatement à l'innovation technologique et scientifique. C'est vrai, et la densité et la qualité de nos grandes écoles et de notre système de formation professionnel sont bien reconnues. Convaincu de la priorité politique du domaine de la formation, recherche et innovation, le Conseil fédéral souhaite le soutenir en engageant pour les quatre prochaines années des crédits d'encouragement de près de 26 milliards de francs. Ce montant correspond à une croissance nominale annuelle de 3,7%.

Mais c'est aussi l'innovation sociale et politique de la Suisse, cette recherche perpétuelle d'équilibre qui constitue la condition-cadre, à mon sens, la plus importante pour l'essor économique et le maintien du niveau de vie en période de crise.

Inventer les équilibres qui permettent de répondre aux défis de demain. Le thème que vous avez choisi exprime au plus juste le sens de l'action collective. C'est aussi la responsabilité que j'ai choisi d'assumer et la volonté que je compte communiquer à tous les niveaux.

Ist die soziale Sicherheit gewährleistet, gedeiht auch die Wirtschaft. Gedeiht die Wirtschaft, trägt dies auch zur Finanzierung der Sozialwerke bei.

Die soziale Sicherheit ist ein Garant des sozialen Zusammenhalts. Denn sie dient der gesamten Bevölkerung: Jungen und Alten, Gesunden und Kranken, Reichen und Armen. Die Sozialversicherungen tragen zudem zu unserer wirtschaftlichen Entwicklung bei. So etwa durch eine höhere Arbeitsproduktivität und den Erhalt der Kaufkraft. Oder mittels gezielter Massnahmen, wie der 1993 eingeführten Freizügigkeit bei den Pensionskassen, was die berufliche Mobilität förderte.

Kaum eine sozioökonomische Herausforderung ist von grösserer Tragweite als die Gesundheit am Arbeitsplatz. Arbeitsbedingte Krankheiten kosten die Wirtschaft jährlich mehrere Milliarden Franken. Allein die Kosten im Zusammenhang mit Stress werden auf rund drei Milliarden geschätzt.

Das ist ein grosses Problem. Und eigentlich würden man lieber in die Prävention als in die Heilung investieren. Gerne weise ich an dieser Stelle darauf hin, dass hierbei unsere Sozialversicherungen eine aktive Rolle einnehmen. Denn unsere Sozialversicherungen sind nicht einfach Kassen, die Leistungen auszahlen. Sondern sie sind aktiv, um verschiedene Krankheiten vorzubeugen.

Meine Damen und Herren

Man kann nicht von den künftigen Generationen sprechen, ohne dabei die enorme Herausforderung zu erwähnen, die im Zuge der demografischen Entwicklung auf uns zukommt. In der Schweiz wird die aktive Bevölkerung bis in zwanzig Jahren um 2,8 Prozent schrumpfen. Die Zahl der Jugendlichen unter zwanzig Jahren wird nur um 2,5 Prozent wachsen. Während die Zahl der über 60-Jährigen um gegen 60 Prozent zunehmen wird. Es ist mir ein ganz besonderes Anliegen, dass auch die Jugendlichen von heute und morgen noch gute Bedingungen antreffen, wenn sie einst ins Rentenalter kommen.

Die demografischen Entwicklung führt uns bisweilen dazu, das Älterwerden der Bevölkerung nur im Zusammenhang mit Kosten und sozialen Belastungen zu sehen. Gegen solche negativen Vorurteile müssen wir Gegensteuer geben. Vergessen wir beispielsweise nicht: Der Respekt vor der Weisheit des Alters ist in anderen Gesellschaften sehr viel stärker verbreitet.

Treten wir also in den Dialog der Generationen ein. Überwinden wir die Kluft zwischen den Generationen und lassen wir die zahllosen Vorurteile hinter uns.

En tout état de cause, cette évolution démographique impliquera de nouveaux équilibres politiques. Les équilibres d'aujourd'hui ne seront pas ceux de demain.

Telle est la situation, du moins celle qui est prévue. Elle appelle des réponses politiques. Ce n'est ni triste, ni angoissant, ni une remise en cause de l'esprit d'équilibre qui fait notre force et qui motive mon action. « La vie est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre. » Ce mot d'Albert Einstein à son fils Edouard résume parfaitement ma conception de l'équilibre. Un équilibre n'est pas un état statique, une situation définitive qu'il s'agit de conserver.

Pour paraphraser Jean Piaget, ce qui fait la santé d'un système politique est sa capacité de répondre à l'altération exogène d'un état d'équilibre par une réaction endogène conduisant à un nouvel équilibre. Autrement dit : la politique rate son but si elle n'est pas capable d'apporter une réponse propre aux changements de l'environnement dans lequel nous évoluons.

Il s'agit de bien comprendre que le changement d'un équilibre ne congédie pas l'équilibre, n'altère pas la volonté d'harmonie. La transformation d'équilibres existant est nécessaire pour répondre aux défis à venir. Je le vois comme une métamorphose, les formes changent, l'allure se modifie, mais la continuité du vivant demeure. Il m'importe particulièrement de remplacer un équilibre par un autre.

Engagement verbeux, entendra-t-on parmi les sarcastiques. Précaution toute helvétique, précautionneuse et frileuse du juste milieu, murmurera-t-on chez les va-t-en-guerre de tout bord. C'est oublier la leçon de l'histoire des votations consacrées aux assurances sociales au cours de ces quinze dernières années. Une réforme non équilibrée a peu de chances d'être acceptée par le peuple. L'histoire récente des votations sur les assurances sociales nous le rappelle de manière opportune. (Je songe par exemple à l'adaptation du taux de conversion minimum rejetée en mars 2010).

Et nous l'avons vu aussi dans le domaine de la santé avec la votation de dimanche dernier sur les réseaux de soins. Il y avait un consensus sur la qualité des réseaux de soins intégrés mais les conditions-cadres proposées n'ont pas réussi à convaincre la population.

Le réalisme politique demande des mesures équilibrées. Mais plus profondément, la cohésion sociale, source de notre prospérité, demande une forme de justice sociale qui donne à tous les membres de la société, et aussi aux plus démunis, espoir et dignité. Vous le voyez, un équilibre peut même être trouvé entre l'engagement et le réalisme politiques.

Pour pouvoir affronter les défis du monde à venir, pour inventer les équilibres gagnants, les idées et la volonté ne suffisent pas. Le mouvement qui permet de ne pas tomber, ce n'est pas pédaler dans le vide, mais poser pas après pas, foulée après foulée, les jalons concrets, des mesures significatives et concertées, qui donneront une confiance renouvelée en l'avenir.

Sans la certitude partagée par tous que la société que nous construisons fait droit à chacune et chacun selon sa capabilité, tout équilibre sera instable. La capabilité, selon l'approche développée par Amyarta Sen, prix Nobel d'économie, est la liberté de choisir son mode de vie.

Or, cette liberté ne devient effective que dans l'assurance d'une sécurité matérielle minimale que garantissent précisément les assurances sociales.

Mais surtout, sans la confiance renouvelée entre les générations - trop de jeunes sont aujourd'hui persuadés qu'ils cotisent à perte -, toute rénovation d'équilibre est vouée à la chute.

J'y suis particulièrement sensible et je m'emploie avec une attention particulière à proposer des mesures propres à dissiper cette incertitude.

Mesdames, Messieurs,

Il faut œuvrer à l'instauration des nouveaux équilibres qui, notamment par des assurances sociales à la dynamique renouvelée, feront la prospérité de la Suisse de demain. C'est une tâche ardue mais elle motive mon engagement politique.

Je vous remercie pour votre attention.

Adresse pour l'envoi de questions:

Communication SG-DFI, Tél. 031 322 85 79

Auteur:

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