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«Relever les défis de l'eau : les priorités de la Suisse pour un partenariat mondial»

Berne, 22.03.2013 - La Haye, 22.03.2013 - Discours du Conseiller fédéral Didier Burkhalter à l’occasion de la Journée mondiale de l'eau - Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs,

Le monde dont nous rêvons est bleu. L'eau, source de vie, est au cœur du développement humain. Le but de notre rencontre aujourd'hui est double : augmenter le nombre de personnes ayant accès à une eau potable et établir l'eau comme un facteur de paix et non de conflits. La tâche n'est pas facile. La multiplication des défis liés à l'eau est énorme, de nombreux indices le confirment. Mais j'ai la conviction que nous saurons les relever si nous leur accordons la place qu'ils méritent sur l'agenda politique, en leur consacrant les moyens nécessaires et en progressant dans un esprit de partenariat et de coopération.

Cette importante conférence s'inscrit dans une dynamique qui vise à définir nos priorités au-delà de 2015. La Suisse a beaucoup œuvré, aux côtés du Liberia, de la Jordanie et des Pays-Bas, pour que les Nations Unies inscrivent l'eau et la sécurité sur leur agenda 2013. Je tiens à remercier le gouvernement  des Pays-Bas d'accueillir la célébration d'aujourd'hui, qu'il a contribué à organiser, et les agences de l'ONU d'avoir dirigé et coordonné les contributions à cette réunion de haut niveau consacrée à la coopération et à la consultation thématique mondiale sur l'eau.

Mesdames et Messieurs,

L'un des objectifs du Millénaire pour le développement consiste à diviser par deux d'ici à 2015 la part de la population mondiale privée d'eau potable et d'équipements sanitaires de base. Pour ce qui est de l'accès à l'eau potable, des progrès considérables ont été accomplis et nous en sommes très heureux. Mais le moment n'est pas venu de nous reposer sur nos lauriers. Aujourd'hui, près d'1 milliard d'individus sont toujours privés d'eau potable. Et de nombreux éléments donnent à penser que le problème de l'eau ne fera que s'aggraver au cours des décennies à venir.

Tout d'abord, la demande mondiale d'eau douce  augmente de manière exponentielle. Alors que la population mondiale a triplé au cours du siècle dernier, la demande d'eau a été multipliée par six. Compte tenu des tendances démographiques actuelles, des mouvements d'urbanisation et de l'évolution des modes de consommation, cette tendance n'est pas près de s'inverser.

Ensuite, il est peu probable que l'approvisionnement en eau parvienne à suivre le rythme de la demande. Le changement climatique va accroître la pénurie d'eau dans certaines régions, tout en multipliant les phénomènes extrêmes tels que sécheresses et inondations. Selon certaines estimations, d'ici à 2030, la moitié de la population mondiale vivra dans une zone de stress hydrique, où la demande excédera l'offre. Parmi les régions les plus vulnérables figurent l'Afrique sub-saharienne, le Moyen-Orient, l'Asie du Sud et certaines parties de l'Amérique latine et de l'Extrême-Orient. Dès à présent, de nombreuses grandes villes telles que Pékin ou Lima sont contraintes d'élaborer des plans pharaoniques pour détourner des cours d'eau sur des centaines de kilomètres. De nombreuses villes sur-exploitent leurs aquifères. Celle de Sanaa, au Yémen, par exemple, risque d'épuiser les siens d'ici dix ans.

Enfin, les problèmes liés à la gestion  et à la qualité de l'eau sont loin d'être résolus. Dans les pays en développement, 80 % des eaux usées et des déchets solides sont évacués dans la nature sans aucun traitement. Chaque jour, deux millions de tonnes d'eaux usées et de déchets viennent polluer les systèmes aquatiques de la planète. Le traitement des eaux usées est désormais un aspect fondamental de la gestion de l'eau.

Les défis liés à l'eau tels que la pénurie et les problèmes de qualité ont de nombreux effets négatifs :

• aggravation des maladies, de la faim et de la pauvreté au détriment de la qualité de vie de millions d'individus ;
• mise en danger de la sécurité alimentaire locale et mondiale ;
• pénurie d'électricité nuisible au développement économique puisque de nombreux pays en développement sont très dépendants de l'énergie hydraulique ;
• alimentation des tensions sociales et affaiblissement de pays déjà fragiles ;
• aggravation des tensions régionales, surtout en l'absence d'accords sur le partage de l'eau.

Compte tenu de la multiplicité des défis liés à l'eau et de leurs implications, l'eau doit devenir un  sujet prioritaire tant du point de vue du développement que de celui de la sécurité internationale. Le traitement de ces questions suppose la coopération d'un grand nombre d'acteurs de tous les pays : développés, émergents et en développement.  

La situation exige aussi que pour relever ces défis, nous adoptions une approche multidimensionnelle, qui s'appuie sur les instruments de la coopération au développement, sur la recherche technologique et sur les instruments diplomatiques que sont la médiation et l'établissement de relations fondées sur la confiance. Cette approche globale est très bien illustrée par la convention sur l'eau et le protocole sur l'eau et la santé de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe. Assis sur un cadre institutionnel solide, ces instruments favorisent le développement de capacités techniques et de relations de confiance entre les parties concernées.

Mesdames et Messieurs,

Quel traitement réserver à l'eau pour le cadre de suivi des objectifs du Millénaire pour le développement ? Les deux réunions précédentes consacrées à la consultation thématique sur l'eau, dont l'une s'est tenue aux Pays-Bas, à la Haye, et l'autre en Suisse, à Genève, ont fait apparaître un large consensus sur l'importance de l'objectif « eau ». Elles ont abouti aux conclusions suivantes :

• puisque l'eau est irremplaçable, il faut se focaliser sur l'éradication de la pauvreté et sur le développement durable ;
• l'objectif « eau » doit aller bien au-delà de l'eau et de l'assainissement pour englober les ressources hydriques en général ;
• le futur objectif « eau » doit tenir compte de toutes les dimensions concernées : qualité, coût, accès, égalité, développement durable et fiabilité d'un accès à l'eau pour tous ;
• la sécurité de l'eau sur le plan tant national que transfrontalier doit être traitée comme une priorité majeure.

La Suisse salue et soutient le dialogue mondial sur l'agenda du développement post-2015 présidé par Son Excellence le Secrétaire général. Elle partage entièrement les principes définis lors des réunions de La Haye et de Genève.

La Suisse soutient la définition d'un objectif « eau » central dans le nouvel agenda post-2015, axé sur « la sécurité hydrique de la planète », et reposant sur les trois piliers  identifiés lors des consultations menées à La Haye et à Genève :

• une eau potable sûre et durable, l'assainissement et l'hygiène pour tous ;
• la gestion durable des ressources en eau pour satisfaire les besoins humains tout en respectant les écosystèmes ;
• la gestion de toutes les eaux usées selon le concept réduction/omission, traitement et réutilisation/décharge.

Je vous invite à débattre du cadre stratégique de nos futurs efforts conjoints dans la perspective, que je viens de formuler, d'un objectif « eau » global. Et je vous encourage à « penser en grand », en gardant à l'esprit que l'eau ne relève pas simplement du développement mais aussi, bien souvent, de la sécurité.

Mesdames et Messieurs,

La Suisse s'engage en faveur d'un monde dans lequel une gestion équitable de l'eau favorisera le développement durable dans toutes les régions.
Elle concentre ses efforts sur quatre dimensions :

La première concerne l'approvisionnement en eau et l'assainissement. L'eau potable et l'utilisation de l'eau dans l'agriculture sont les gages de la sécurité alimentaire et de la santé publique. La Suisse est très impliquée dans ce domaine. En 2012, elle a investi quelque 170 million de dollars américains dans le secteur de l'eau, un montant deux fois supérieur à ses investissements antérieurs à 2011.

L'eau potable et l'assainissement, l'eau consacrée à la production alimentaire, les lignes de partage des eaux et la gestion des eaux usées sont des éléments clés de ses interventions humanitaires et de sa coopération bilatérale et internationale. La Suisse multiplie les mesures coordonnées pour faire avancer ces questions, notamment dans la région des Andes.

La deuxième dimension porte sur l'amélioration des techniques, des performances et des capacités. La Suisse est par exemple engagée dans des projets visant à améliorer l'accès à l'eau dans les régions rurales, à développer les capacités et à renforcer la gestion de l'eau par les municipalités dans le gouvernorat tunisien de Kasserine. Elle est globalement favorable aux modèles de partenariat innovants favorisant le transfert de savoir-faire et d'expertise.

La troisième dimension est celle des droits de l'homme. La Suisse soutient la mise en œuvre de la résolution 64/292 de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui établit le droit à l'eau potable et à l'assainissement comme un droit de l'homme.

La Suisse travaille en étroite collaboration avec le mécanisme des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, et j'en profite pour saluer l'excellent travail accompli par son Rapporteur spécial sur le droit à l'eau et à l'assainissement.

La quatrième dimension traite du lien entre eau et sécurité, dans le cadre de ce que nous appelons la diplomatie bleue. La Suisse est devenue très active dans le développement de nouveaux mécanismes de négociation et de coordination des politiques de l'eau, pour promouvoir la diplomatie de l'eau en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Elle soutient par exemple le renforcement de mécanismes de gestion et de bonne gouvernance dans dix bassins fluviaux transfrontaliers notamment au Moyen-Orient et même en Syrie.

Mesdames et Messieurs,

Se préoccuper de l'eau aujourd'hui est le moyen le plus sûr et le plus économique de garantir l'accès des générations futures à une eau salubre. L'eau mérite une attention particulière en ce XXIe siècle. Il faut lui accorder une place centrale dans le futur cadre du développement durable.

Je vous remercie d'œuvrer dans ce sens avec enthousiasme et détermination lors de l'élaboration des procédures politiques post-2015.

Adresse pour l'envoi de questions:

Information DFAE
Palais fédéral ouest
CH-3003 Berne
Tél.: (+41) 031 322 31 53
Fax: (+41) 031 324 90 47
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