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Communiqué de pressePublié le 11 septembre 2025

Le sepsis, un danger sous-estimé pour la santé et la vie

Berne, 11.09.2025 — Chaque année, les hôpitaux suisses de soins aigus prennent en charge plus de 20 000 patients pour un sepsis. Environ 4 000 en décèdent durant leur séjour, soit une personne sur cinq. Le sepsis est une réaction hors de contrôle du corps à une infection, qui endommage des organes vitaux. C’est une urgence médicale aussi grave et fréquente que l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou l’infarctus. Ces chiffres proviennent d’un rapport scientifique sur les cas de sepsis en Suisse, qui parait aujourd’hui dans le cadre du Programme national contre le sepsis. Ce programme est financé par la Commission fédérale pour la qualité (CFQ). En même temps, des professionnels et des personnes concernées ont publié une déclaration, s’engageant à prendre des mesures communes pour lutter contre le sepsis.

À l’occasion de la Journée mondiale contre le sepsis le 13 septembre 2025, le Programme suisse contre le sepsis (Swiss Sepsis Program) publie un rapport sur le nombre de cas en Suisse et les coûts correspondants pour le système de santé et la société. Sur la base de données de la statistique médicale des hôpitaux de l’Office fédéral de la statistique, cette étude examine le nombre de cas, la charge de morbidité et les coûts directs. L’analyse est le fruit d’une collaboration entre des professionnels de l’Hôpital pédiatrique universitaire de Zurich et des équipes de recherche des universités de Lausanne et de Bâle.

L’analyse repose sur des données suisses de santé de la période 2019-2023. Il en ressort que les hôpitaux ont enregistré plus de 20 000 séjours liés au sepsis pour chacune de ces années. Toutes les tranches d’âge sont concernées, et en particulier les nourrissons et les personnes âgées. Le sepsis est une réaction hors de contrôle du corps à une infection, qui peut entraîner des défaillances d’organes, un choc, voire la mort. Les chiffres n’ont pas diminué ces dernières années. On peut par ailleurs raisonnablement envisager que tous les cas ne sont pas détectés et comptabilisés et que toutes les personnes atteintes ne sont pas prises en charge à l’hôpital. Comme la statistique n’inclut pas ces cas, les auteurs de l’étude estiment que la charge de morbidité en Suisse pourrait être encore bien plus grande.

« Les dangers du sepsis restent sous-estimés », affirme la Dre Nora Lüthi, première autrice du rapport et directrice du programme avec le Pr Luregn Schlapbach, médecin-chef aux soins intensifs de l’Hôpital pédiatrique universitaire de Zurich.

Près de 20 % des patients décèdent à l’hôpital

L’analyse montre que près de 20 % des 20 000 patients hospitalisés, soit environ 4000 personnes, décèdent à l’hôpital. À un âge avancé ou en cas de choc septique, la mortalité est encore nettement plus élevée. Malgré des progrès thérapeutiques ces dernières années, le nombre de décès reste stable. À titre de comparaison, les infarctus et les AVC entraînent chaque année environ 19 000 et 22 000 hospitalisations respectivement et quelque 2500 décès chacun.

La mortalité reste élevée après l’hospitalisation : environ un tiers des patients âgés décèdent dans l’année suivant leur admission à l’hôpital.

Plus d’un milliard de francs par an

Le sepsis représente un grand défi pour le système de santé suisse. Environ 40 % des cas diagnostiqués à l’hôpital nécessitent un traitement aux soins intensifs. Les coûts moyens d’un cas s’élèvent à 50 000 francs selon le rapport. Avec 20 000 cas par an, les coûts hospitaliers directs atteignent donc un milliard par an à l’échelle nationale. On estime que ce chiffre double si l’on inclut la réadaptation, le suivi et le traitement des complications à long terme pendant les trois années qui suivent. De plus, le rapport ne tient pas compte des séquelles tardives sur la santé physique et mentale des personnes concernées et de leurs proches, qui peuvent durer des années et entraîner des coûts indirects, voire une perte d’emploi.

« Les calculs sont clairs : le sepsis représente une grande menace et coûte énormément à la société. Le système de santé doit urgemment accorder plus d’importance à la détection, au traitement et au suivi », estime Luregn Schlapbach.

Le Programme suisse contre le sepsis jouera un grand rôle à cet égard ces prochaines années. Les équipes hospitalières responsables souhaitent améliorer la situation en organisant une campagne de sensibilisation, en définissant des normes cliniques, en organisant des modules de formation, en tenant un registre dédié et en mettant sur pied un groupe de personnes concernées. Le programme, financé par la CFQ, est sous la responsabilité du CHUV (Lausanne), de l’Hôpital de l’Île (Berne) et de l’Hôpital pédiatrique universitaire de Zurich. Il se concentre sur la détection précoce, le traitement et le suivi du sepsis. « La Suisse manque aussi d’une coordination nationale de la recherche sur le sepsis, pour que les résultats des recherches influencent plus rapidement les traitements », conclut Luregn Schlapbach.

Déclaration de professionnels et de personnes concernées : ensemble contre le sepsis

Lors de la Journée mondiale contre le sepsis de 2025, des professionnels et des personnes concernées proches du programme ont publié une déclaration sensibilisant au problème que représente le sepsis en Suisse. Ils s’y donnent pour mission commune de prendre et de soutenir des mesures contre le sepsis et ses séquelles. Tout le monde peut consulter et signer cette déclaration (lien).

Qu’est-ce que le sepsis ?

Le sepsis est une réaction potentiellement mortelle du corps à une infection. Il peut entraîner un choc septique, des dommages graves aux tissus et aux organes, voire la mort, en particulier s’il n’est pas détecté et traité à temps. Le sepsis touche toutes les tranches d’âge, mais les personnes âgées représentent plus de deux tiers des cas. Il est bien plus rare chez les enfants (environ 600 cas par an), et la plupart des cas concernent des enfants de moins de cinq ans et des nouveau-nés.

Le Programme suisse contre le sepsis

Le Programme suisse contre le sepsis (Swiss Sepsis Program) est placé sous la responsabilité conjointe de l’Hôpital pédiatrique universitaire de Zurich, de l’Hôpital de l’Île (Berne) et du CHUV (Lausanne). Financé par la Commission fédérale pour la qualité et lancé en 2023 dans le cadre du plan d’action national suisse Sepsis, il a démarré en 2024 et se poursuivra jusqu’en décembre 2028.

Informations complémentaires : www.sepsis.ch

Programme Sepsis et stratégies nationales en matière de santé

Notamment la stratégie de surveillance, de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins (Stratégie NOSO), la « Stratégie Antibiorésistance StAR » et le « Programme national de vaccination PNV » jouent un rôle dans la lutte contre le sepsis. Il existe donc une étroite collaboration entre le programme Sepsis et les services de l'Office fédéral de la santé publique OFSP responsables des stratégies.

Lien vers le rapport

Informations sur la Commission fédérale pour la qualité : www.eqk.admin.ch/fr

À propos du Programme suisse contre le sepsis:

Service de presse du programme, medien@sepsis.ch, +41 44 249 59 83